Chrétiens Orientaux sur France 2, une émission des Églises orientales présentes en France. Vie et Foi des Chrétiens d’Orient.

Prédication de la célébration Oecuménique à Valence

25 janvier 2015. Prédication à 3 voix à partir de l'Évangile selon Jean, chapitre 4, versets 1 à 42. Evangile "dite" de la Samaritaine.

Pasteurs André Courtial (Protestant Evangélique) - Père Antranik Maldjian (Arménien Apostolique) - Mgr Pierre-Yves Michel

1ère partie de la prédication

Pasteur André COURTIAL, Eglise Evangélique Libre de Valence

Il lui fallait traverser la Samarie (Jn 4, 1-4)

Jésus et ses disciples quittèrent la Judée pour regagner la Galilée. La Samarie est située entre ces deux régions. Dans ce territoire cohabitaient plusieurs peuples et religions.

Les Juifs évitaient donc de traverser cette partie du pays. Comment comprendre alors : « Il lui fallait traverser la Samarie » ? Il faut y voir un choix de Jésus : en traversant la Samarie, Jésus entraîne ses disciples à la rencontre d’autres personnes, différentes d’eux, et qu’ils n’avaient pas envie de rencontrer.

C’est là, en Samarie, que se passe l’histoire de la rencontre entre Jésus et la femme samaritaine. C’est une histoire que seul Jean l’évangéliste nous raconte. Elle nous parle, d’une façon unique, de la relation que le Christ souhaite vivre avec nous.

Dans ce récit, nous voyons Jésus passer de la Judée à la Galilée en traversant la Samarie. Pourtant les Juifs avaient plutôt tendance à éviter cette route-là, quitte à faire des détours. Ils considéraient les Samaritains comme des ennemis, pires que des incroyants. Mais le texte nous dit que Jésus devait passer par là...

Jésus ne veut-il pas nous inviter nous aussi à traverser la Samarie, pour aller à rencontre des autres : des autres Églises, des autres frères et sœurs. Alors allons-y le cœur prêt à recevoir de Jésus un message d'unité et d'amour comme la femme samaritaine.

Fatigué du chemin, jésus était assis au bord du puits (Jn 4,6)

Fatigué par le voyage, Jésus décide de s’arrêter, il s'assoit sur le bord d’un puits pendant que ses disciples vont au village chercher de quoi manger. Pendant qu’il se repose, une femme samaritaine s’approche.

Jésus et cette femme de Samarie, qu'on appelle aujourd’hui la Samaritaine, parlent longuement. Pourtant, c’est la « sixième heure », c’est-à-dire midi, ce qui est plutôt inhabituelle car les femmes des pays chauds viennent habituellement nombreuses s'approvisionner en eau fraîche dès le matin, avant que la chaleur ne devienne trop forte, ou bien le soir. Et cependant, c’est à cette heure-là que va se passer quelque chose d’inattendu : un dialogue déterminant pour les deux interlocuteurs, pour la vie de la Samaritaine comme pour la révélation de Jésus.

Ensemble, ils abordent la question du lieu où il faut adorer Dieu. Mais ce qui intéresse Jésus, ce n’est pas le lieu, mais cette question : Sommes-nous des vrais adorateurs du Père céleste ? Voulons-nous apprendre à être de vrais adorateurs, « en Esprit et en Vérité » ? Aurions-nous besoin de cette conversation avec Jésus, au bord d'un puits, pour mieux comprendre qui il est et devenir de vrais adorateurs ?

2e partie : Père Antranik MALDGIAN, Eglise Arménienne Apostolique

L’évangéliste Saint Jean nous relate le récit du dialogue entre Jésus et la Samaritaine.

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La samaritaine alla un jour ordinaire puiser de l’eau au puits. Il est midi. Il fait chaud. Elle y trouve Jésus, assis à côté du puits. Il est fatigué du voyage. Il demande à la samaritaine de lui donner à boire. Les juifs et les samaritains s’adressant rarement la parole, la samaritaine est étonnée. Jésus lui parle d’une « eau vive » qui va non seulement étancher sa soif et qui deviendra en elle « source d’eau qui jaillit pour la vie éternelle ». Jésus lui confie qu’il est le Messie. La samaritaine bouleversée laisse sa cruche et court annoncer aux villageois qu’elle a trouvé le Christ et elle les invite à aller à sa rencontre.

A partir de la soif du Christ, la femme de Samarie prend conscience de l’insatisfaction de son existence et de solitude. Jésus vient apaiser la soif de désir. Il la comble d’un amour authentique et durable. Il est le véritable époux. Il clôt les recherches vaines de cette femme. Jésus bouleverse la samaritaine. En lui faisant le don de la foi, il fait naître en elle l’amour de Dieu. Il donne un sens à sa vie. Il réoriente le cœur de la femme de Samarie vers l’adoration véritable. Renouvelée en cette rencontre, elle devient elle-même témoin de la Parole. Les Samaritains accueillent le témoignage de la femme, ils sont attirés par elle vers Jésus. La volonté de Dieu est de bénir tous les peuples. Jésus-Christ est la parole vivante. Envoyés par Jésus, les Apôtres partiront semer la Parole et fonder les premières communautés chrétiennes. C’est ainsi que St Thaddée et St Barthelemy évangéliseront le royaume d’Arménie. La nation toute entière se désaltérera par la rencontre avec la Parole du Seigneur avec l’adoption du christianisme comme religion d’état en 301. Après les temps de misères, d’angoisses, d’injustice et d’affliction, le peuple arménien commémore le 100ème anniversaire du génocide des arméniens en cette année 2015. Il reste imperturbablement fidèle à l’héritage que le Christ lui a confié et transmis par la longue succession de ses saints. A l’instar de Christ qui demande à la samaritaine « donne-moi à boire », le peuple arménien a soif de justice et de reconnaissance, lui, qui était expulsé et exilé de ses territoires autochtones, et qui avait une grande soif dans le désert aride de Deir el Zor en Syrie et qui n’a trouvé ne serait-ce une samaritaine pour assouvir sa soif… Prions en cette année 2015 pour que la paix et la concorde reviennent définitivement dans tous les parties de la terre où les conflits et les guerres persistent notamment au Moyen Orient où nos frères et sœurs sont persécutés pour leur foi chrétienne, et pour ce qui nous concerne plus spécifiquement, pour ce qui nous est cher au cœur, en Artsakh (Haut Karabakh), afin que le conflit opposant arméniens et azéris depuis des décennies cesse et trouve une solution de paix durable et pérenne.

Béni soit le nom du Seigneur d’éternité en éternité.

Que la Parole du Seigneur nous désaltère tous. AMEN

3e partie : Mgr Pierre-Yves MICHEL, évêque catholique de Valence

Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ; au contraire, l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle ! Cette promesse de Jésus s’éclaire avec deux autres scènes de l’Evangile selon Saint Jean : d’abord, quand Jésus, au dernier jour de la fête des Tentes, proclame debout : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et que boive celui qui croit en moi ! Comme l’a dit l’Ecriture : De son sein, couleront des fleuves d’eau vive. L’évangéliste ajoute : Il désignait l’Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui (Jean 7, 37-38). Et ensuite, quand Jésus vient de mourir sur la croix, et que l’un des soldats le frappe au côté d’un coup de lance et qu’il en sort du sang et de l’eau (Jean 19, 34). Pour la femme au bord du puits de Samarie, pour les auditeurs de Jésus, pour ceux qui contemplent le cœur de Jésus transpercé, pour nous aujourd’hui, c’est une promesse qui est sans cesse en train de s’accomplir : par la grâce du baptême, nous recevons la vie de Jésus et nous devenons source de vie pour tous les frères et sœurs placés sur notre route pour le monde. Notre foi est un cadeau du Seigneur et une immense responsabilité : puissions-nous alors ne pas faire écran, ne pas cacher la source, ne pas la canaliser dans les petits tuyaux de nos étroitesses ou de nos peurs, ou pire avec les bouchons que représentent nos péchés, au point qu’il n’en coule plus que quelques gouttes. L’action de l’Esprit Saint en nos cœurs est au contraire de l’ordre du jaillissement, du déferlement, de la surabondance car il s’agit du don de Dieu – la vie éternelle - qui ne nous appartient pas, nous irrigue et nous abreuve pour que d’autres puissent en être désaltérés à leur tour, dans l’Esprit Saint. C’est bien ce qui s’est passé pour les samaritains de la ville qui se mettent à croire en Jésus parce que la femme leur a annoncé qu’elle a trouvé le Messie : Ils avaient cru en lui à cause de la parole de la femme (Jean 4, 39). Il ne nous revient pas de mesurer à qui nous avons transmis l’heureuse annonce de Jésus vivant, Sauveur, source de vie éternelle, mais aujourd’hui ensemble nous pouvons déjà en rendre grâce.

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