Dimanche de l’Orthodoxie : les icônes - Homélie de Mgr Nadim Haddad
En ce premier dimanche du Grand Carême, l’Église, icône vivante du Royaume à venir, célèbre la victoire de la foi droite et fait mémoire du triomphe des fidèles iconophiles sur l’erreur des iconoclastes.
Nous nous tournons vers les saintes icônes exposées dans nos églises et dans nos maisons, pour leur rendre la vénération qui leur est due.
Nous nous en approchons avec nos fragilités et nos attentes, avec nos ombres et nos désirs les plus secrets, avec tout ce que notre cœur porte de pauvreté et d’espérance.
Car ces lignes et ces couleurs, transfigurées par la prière, continuent de révéler à nos yeux la tendresse de Dieu et la douceur de sa proximité.
Elles nous rappellent notre vocation chrétienne et nous préparent, pas à pas, à l’éternité.
Les icônes nous laissent entrevoir la lumière incréée, cette lumière divine qui ne blesse pas nos sens mais les purifie, les pacifie et les élève.
Elles nous donnent, dès maintenant, une part de cette clarté que nous contemplerons un jour face à face.
Et la lueur douce d’une icône est peut-être, pour notre faiblesse présente, tout ce que nous pouvons porter et tout ce que notre cœur peut déjà assimiler de la vie éternelle.
Dieu, dans sa sagesse infinie, a donné à l’homme les icônes afin qu’il ne demeure pas seul dans l’exil de ce monde.
Chaque icône nous rappelle que nous sommes vus et aimés, cherchés et retrouvés par Dieu. Car c’est Lui qui, dès le commencement, nous a créés à son image et à sa ressemblance.
Il nous a faits pour nous attirer à Lui, et Il a placé devant nous sa beauté, insaisissable et indicible, comme origine, comme chemin et comme accomplissement.
Devant les icônes, nous découvrons que nous sommes le vis-à-vis d’un Dieu infiniment beau et infiniment bienveillant. Nous comprenons alors que l’homme a été créé pour regarder Dieu, et pour contempler son visage.





