Chrétiens Orientaux sur France 2, une émission des Églises orientales présentes en France. Vie et Foi des Chrétiens d’Orient.

l’Icone de la Dormition

dormition roumaine petit

L’icône de la Dormition est orientée autour du caractère mortel de la mère de Jésus, de sa pleine humanité. La présence du Christ à son chevet, montre qu’elle aussi avait besoin de la rédemption, mais encore que sa vénération dans l’Eglise est due exclusivement à son rapport avec Jésus. L’icône de la Dormition présente ainsi un enseignement transmis par la Tradition de l’Eglise : la mort, les obsèques, la résurrection et l’assomption de la Sainte Vierge dans les bras de son Fils. Ce sont les étapes que chaque disciple du Christ doit expérimenter.

L’icône montre l’émotion de toute la création devant la mort de Celle qui a porté au monde Celui qui est la Vie. L’icône est construite autour de 2 plans qui se touchent : un plan horizontal avec le lit ou repose le corps de la Vierge, et un plan vertical avec une mandorle où le Rédempteur tient sur son bras gauche (à côté de son cœur) l’âme immaculée de sa mère. Le rencontre entre les deux plans –forme le signe de croix. Le salut intervient lorsque l’humain se laisse toucher par le divin.

La symétrie de l’icône est donnée par ce triangle : la mère morte et son fils qui la veille. La verticalité de la position de Jésus montre la supériorité de la vie immortelle devant la finitude de la chair humaine.

Les mains de Marie endormie sont couvertes par son habit rouge, symbole du sang, de son humanité. La tête de la Vierge – penchée vers la gauche. Deux chandeliers allumés et l’encens font partie du rituel liturgique des obsèques.  A sa tête : St Pierre avec l’encensoir, à ses pieds St Paul et St Jean. Paul semble dire : « Je vous salue, mère de la vie. Bien que je n’ai pas connu votre Fils, en vous contemplant, c’est Lui que je contemple ». L’émotion et la douleur règnent sur leurs visages, et ainsi leur étonnement devant la mort de celle qui a été confiée à travers St Jean à toute l’humanité : voici ta Mère. Dans cette icône, l’humanité toute entière se sent orpheline. On perçoit leur étonnement et leur bouleversement : comment allons-nous enterrer Celle qui est plus pure que les Chérubins ? Préoccupation et espérance d’un nouveau rencontre. Kymiterion : dortoir.

Il y a d’autres personnages, des anonymes, nous y sommes aussi et l’Eglise toute entière. Les couleurs de leurs habits sont moins vifs ; ni eux, ni les apôtres n’ont pas d’auréoles pour éviter que l’attention soit détournée des personnages principaux (dans les icônes sur verre on voit toujours le doigt de Marie indiquant le Crucifix : l’important).

Toutes les têtes sont penchées vers Jésus et vers Marie. Convergence des regards et de l’orientation des têtes, comme dans l’icône d’André Rubliev. Dans certaines versions de cette icône, Jésus touche avec son visage l’âme de sa mère : la douceur, la tendresse. « M’aimes-tu ? ».

Les femmes myrophores sont en larmes –sont les premières à avoir la joie de la Résurrection, c’est le premier noyau de l’Eglise primitive. Elles sont aux pieds de la Vierge, elles n’ont pas encore compris ce qui se passe : la grandeur du triomphe de l’immortalité sur la finitude de la nature humaine. 

La dormition de Marie – non pas à l’intérieur d’une maison, mais à l’extérieur, en pleine ville de Jérusalem, la Sion glorieuse et illustre, ville sainte où l’église est née. Cette icône = la Pâque de la Vierge Marie, son passage de la Jérusalem terrestre à la Jérusalem céleste.

Le plan réel : le lit, le corps mort, les apôtres. Le plan mystique : Jésus et les anges. Dans la partie supérieure, comme détachés de la souffrance humaine,  nous voyons les premiers évêques de l’Eglise primitive avec les Evangéliaires ouvertes. Ils démontrent l’accomplissement de la promesse divine. Toutefois, le plan mystique reste invisible à ceux qui, en bas de l’icône, entourent le corps de Marie, c’est pourquoi leur douleur. Ils ne comprennent pas : « Ne pleurez pas »

Dieu s’est fait homme afin que l’homme puisse être divinisé. Il n’était pas possible que Celle qui a porté Dieu dans ses entrailles puisse connaitre la corruption.  « Il fallait que celle qui avait porté le Créateur comme un enfant dans son sein, demeurât dans les divins tabernacles » (St Jean Damascène Homélie II sur la Dormition).

Jésus porte sur ses bras un bébé : c’est l’âme de sa mère, sous la forme d’un enfant emmailloté (dans l’icône de la Nativité, l’enfant emmailloté se trouve dans un berceau ayant la forme d’une tombe, que la mère regarde avec tristesse et inquiétude). Déjà dans l’icône de la Nativité, Marie contemplait dans la tristesse sa propre âme, mise à l’épreuve par la passion et la souffrance de son Fils.  L’arrivée d’un nouveau-né signifie un recommencement, une nouvelle genèse, anticipation du renouvellement de l’humanité. Dans le Christ, toutes choses sont devenues nouvelles.

Dieu s’est fait homme (dans le sein de Marie) afin que l’humanité (Marie) soit divinisée. Marie se trouve dans les bras de son Fils, elle est déjà dans le « règne de Dieu », tout en restant totalement humaine et maternelle, totalement sensible aux problèmes et aux crises de l’homme contemporain.

 dormition st julien

A l’intérieur de la mandorle – nous contemplons Marie, car c’est la première divinisée, avec les anges. Sa sainteté qui dépasse celle des chérubins. Pourquoi Marie a-t-elle eu ce privilège ? Non pas par ses propres mérites, mais par son OUI à l’appel de Dieu, en portant dans ses entrailles le Christ, vrai homme et vrai Dieu, et aussi par l’exemple de la pureté parfaite de sa vie et de son humilité. Ce qui, pour elle, a été possible, l’est aussi pour nous.

L’icône de la Dormition de Marie c’est l’image symbolique de notre premier rencontre avec le Créateur. Comme dans l’icône de la Résurrection où le Ressuscité prend l’initiative : c’est  le nouvel Adam qui arrache le vieil Adam à la mort. C’est encore une fois Dieu qui prend l’initiative : il nous accueille dans ses bras, le lieu du repos, dans le séjour de la lumière, de la fraîcheur et de la paix, en un lieu d’où sont absents la peine, la tristesse et les gémissements. L’attitude d’abandon de Marie : « Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta Parole  ».

Les petites étoiles, c’est le symbole de sa virginité.  La fête de la Dormition – à la fin de l’année liturgique byzantine.

L’absence de Thomas – selon la tradition, il doute de la dormition de la Vierge ce qui provoque la réouverture  du tombeau, tandis que les apôtres constateront que le corps de Marie a été muté dans le ciel.

Dans d’autres représentations de l’icône, on voit un homme récalcitrant en train de profaner cette scène de la Dormition, mais un ange lui coupe les mains. C’est une fête du mystère. Personne n’y touche. Le mystère de la Mère de Dieu c’est le mystère du silence.

Les apôtres ont proclamé la Résurrection de Jésus, mais non pas la Dormition de la mère de Jésus. Cette vérité est restée ancrée dans la conscience de l’Eglise depuis toujours. – évènement mystérieux.

Le fait que cette icône ainsi que toute la fête est orientée autour de la Dormition et non pas de l’Assomption du corps de la Mère de Dieu aux cieux, montre que si l’Eglise a été témoin de la mort de Marie, le moment où son corps a été muté dans le Paradis reste un mystère.

La différence entre l'Orient et l'Occident est que pour le premier Marie a dû passer, en Christ, à travers une vraie mort et résurrection, tandis que pour le second le dogme de l'Immaculée Conception ne parle pas de cette mort. Le terme passif d'Assomption traduit l'idée que la Vierge Marie ne s'élève pas d'elle-même au ciel mais qu'elle y est élevée, "assumée". La tradition orientale, en revanche, insiste sur la douceur de la mort de Marie, tel un endormissement.

Cette icône est le signe de la limite ultime humaine – la mort, et de l’exigence de rencontrer Dieu, la Vie, de se laisser embrasser par Dieu. Cette image se trouve normalement au-dessus de la porte d’entrée de l’église. Ainsi, ce sera la dernière image que le fidèle voit en sortant du temple : « memento mori » - aie confiance en sortant de l’église sur le parvis du monde, souviens-toi que le sort des disciples de Jésus est celui d’être accueillis à la fin dans les bras de ton Maître.

Monseigneur Cristian Crisan, curé de la paroisse gréco-catholique roumaine de Paris

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